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Le 23 Mai 2006

La Guilde lance une protestation
nationale contre la privatisation
du radiodiffuseur public canadien

La Guilde canadienne des médias | Le Local 30213 de TNG Canada

Alarmée par ce qui lui semble être une lente mais certaine privatisation du radiodiffuseur public canadien, la Guilde canadienne des médias met sur pied une campagne nationale destinée à contrer le projet des responsables de démanteler la télévision de langue anglaise.

La première cible de la campagne Stoppez la vente est la ministre fédérale du Patrimoine canadien, Bev Oda. Les membres de la Guilde et le public lui font parvenir depuis jeudi dernier des messages par courriel et des cartes postales l’exhortant à intervenir pour mettre fin au projet de la Canadian Broadcasting Corporation, annoncé le 20 avril, de fermer cet été son service de design pour la télévision. Selon la GCM, cette fermeture fait partie d’un plan en vue d’éviscérer la télévision de la CBC, et d’en faire une agence qui se limite à acheter et à diffuser des émissions produites par le secteur privé.

StopTheSellout.ca

Envoyez une lettre
Demandez à Bev Oda, la Ministre du Patrimoine canadien, d'intervenir pour préserver la télé de la CBC


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CMG.ca
La CBC porte un nouveau coup à la production de la télé à l’interne


CMG.ca
Le service de design de la CBC décimé; la Société annonce l'abolition de 79 postes à Toronto

Selon Lise Lareau, présidente nationale de la GCM, permettre à la CBC de fermer ce service, au Centre de diffusion de Toronto, et de se débarrasser des artisans compétents, des décors et des costumes qui ont contribué à 53 ans d’histoire de la télévision canadienne, pourrait constituer une atteinte à notre patrimoine national.

«En agissant immédiatement, la CBC se moque également du mandat gouvernemental d’examen et de commentaires publics», croit Mme Lareau, qui souligne que Mme Oda semble vouloir lancer rapidement le processus d’examen. On s’attend à ce que la direction de la CBC témoigne devant le Comité du patrimoine le 30 mai, suivie de Mme Oda en personne le 1er juin.

La Guilde, qui représente 5 500 employés de la CBC au pays, a lancé sa campagne le 18 mai en organisant une journée nationale d’action. Dans une annonce prévue pour aujourd’hui, les membres seront informés de la tenue d’une prochaine journée d’action le vendredi 26 mai, à laquelle ils pourront prendre part en distribuant au public des cartes postales, des dépliants et des macarons pour solliciter leur appui.

Cette tactique rappelle la campagne réussie menée par la GCM pendant le lock-out des employés de la CBC, en 2005. En ayant recours au logiciel enMasse de TNG Canada, la Guilde a mis sur pied sur son site StopTheSellout.ca une campagne permettant aux gens d’envoyer par courriel des lettres à la ministre du Patrimoine. Le site Web offre également des nouvelles à jour et des liens vers d’autres groupes de pression tels que Nos Ondes Publiques. «Et ce n’est que le début», promettent les organisateurs.

En dépit de l’annulation de la manifestation principale, au Centre de diffusion de Toronto, à cause d’une pluie torrentielle, les membres de la GCM sont venus pour «trouver réponses à leurs question» au sujet de la mise à pied de 79 travailleurs du service de design, et des autres coupures récentes chez le diffuseur public.

La veille, la Arts and Culture Roundtable de la ville de Toronto avait adopté une résolution réclamant une augmentation des subsides fédéraux envers la CBC et la préservation des installations de production du Centre de diffusion.

Les leaders de la Guilde avaient demandé à la table ronde de considérer le Centre de diffusion à titre d’entité culturelle, tout comme les autres édifices culturels de la ville qui connaissent présentement une renaissance spectaculaire. Les membres ont également été priés d’appuyer les efforts en vue d’augmenter la subvention du fédéral à la CBC afin de pouvoir préserver la capacité de production de films et de télévision, au centre-ville, que permet le service de design.

«Nous avons toujours été d’avis que ce qui se passe au Centre de diffusion devrait être débattu en public et faire l’objet de politiques publiques», a commenté Arnold Amber, président de la sous-section CBC de la Guilde et directeur de TNG Canada/CWA.  «C’est pourquoi nous avons fait appel à la ville. Plus important encore, nous cherchons des alliés publics dans la lutte de la CBC pour obtenir les fonds dont elle a besoin. Nous croyons que c’est là une alternative positive à la location de locaux pour faire de l’argent.»

Dans un éditorial publié sur le site StopTheSellout.ca, la présidente de la GCM, Lise Lareau, a écrit:

«La mort du service de design pour la télévision entraîne la perte de plus de 79 emplois. C’est un changement de direction sérieux pour le diffuseur public et pour le Centre de diffusion lui-même.»

«Il n’existait aucun impératif financier pour détruire le service de design… Selon tous les renseignements dont nous disposons, le service était financièrement autosuffisant. Comme c’est une magnifique installation située au centre-ville de Toronto, et comme le service offrait un guichet unique pour toute une gamme de création, il obtenait beaucoup de travail. Les directeurs et les producteurs – à la CBC comme à l’extérieur – sont déçus de cette annonce.»

«Alors, pourquoi le fermer? Il y a un an, le vice-président de la télévision Richard Stursberg avait annoncé aux employés de la CBC, au cours d’une rencontre de discussion ouverte au 10e étage, que le Centre de production de Toronto serait «restructuré» afin de réaliser des économies qui serviraient principalement à acheter des émissions auprès de producteurs commerciaux externes.»

«Et voila le truc: le design pour la télé exige beaucoup d’espace – un espace précieux dans le marché commercial du centre-ville. Laisser tomber le travail de design et acheter le service auprès de pigistes possédant leurs propres ateliers – en grande partie à l’extérieur du centre-ville – permettrait de libérer de l’espace, dans l’édifice, qui pourrait alors être loué à prix élevé. Par la suite, les profits réalisés en louant des locaux peuvent servir à acheter des émissions.»

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