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Le 28 fÉvrier 2006
Osprey Media menace de poursuivre
pour
le retrait des signatures
La Guilde rétorque qu’une
note de service de la direction constitue une négociation
directe auprès de ses membres
Kingston Typographical
Union | Le
Local 30204 de TNG Canada
Le Kingston Whig-Standard menace d’entreprendre
des poursuites judiciaires contre son personnel de la rédaction,
qui refuse depuis le 15 février de signer articles
et photos pour protester contre une tentative de diminuer
la qualité du journal et les conditions de travail.
Dans une lettre adressée hier à Debbie
Newton, présidente de la Kingston Typographical Union,
l’éditeur Fred Laflamme soutien que le local
de TNG Canada/CWA «fait circuler publiquement, sur
le site Web de TNG et dans des communiqués, des allégations
fausses et mensongères au sujet des questions en cours
de négociation».
«Il résulte de ces fausses informations»,
poursuit-il, «que les employés de la salle des
nouvelles participent à une grève illégale,
en refusant de façon concertée de signer leurs
articles et photos. Nous sollicitons présentement
des avis au sujet de nos options juridiques.»
Dans une note subséquente remise aujourd’hui à tout
le personnel, Laflamme cite un communiqué de presse émis
par TNG Canada le 22 février, et soutient qu’un
passage traitant du recours aux pigistes est inexact. L’éditeur
explique alors en détail sa version des pourparlers
survenus en cours des négociations au début
de février.
Selon Newton, l’éditeur tente ainsi que négocier
directement avec les membres de la Guilde. Le local explore
présentement ses propres options juridiques dans cette
affaire.
Tous les membres de l’unité de négociation
de la rédaction ont convenu de ne plus signer leurs
articles et photos, le jour même où leurs collègues
syndiqués de quatre autres quotidiens d’Osprey
Media avaient organisé des protestations sur l’heure
du midi pour dénoncer l’externalisation de plusieurs
emplois vers des centres d’appels.
La convention collective de Kingston stipule que les membres
de la Guilde peuvent refuser de signer articles et photos
en tout temps et pour quelque raison que ce soit.
Bien que cette protestation ait principalement été entreprise
pour appuyer la campagne Keep Our Newspapers Local commanditée
par TNG Canada, le vice-président du local, Paul Schliesmann,
affirme qu’elle est également destinée à prévenir
la direction de «ne pas entreprendre une guerre contre
les conditions de travail» à la salle de rédaction.
Le Whig a récemment débuté les négociations
en vue de renouveler la convention, échue depuis le
18 janvier, en déposant des propositions qui permettraient
au quotidien de recourir de façon illimitée
aux services de pigistes, et l’habiliteraient à forcer
les membres de la Guilde à travailler 75 heures par
deux semaines, selon un horaire déterminé par
l’éditeur. Les employés pourraient ainsi
perdre leur droit à des journées consécutives
de repos.
Ce sont ces propositions qui ont
tellement alarmé les
quelque 25 employés de la salle de rédaction,
a précisé Schliesmann, éditorialiste
au journal. La retenue des crédits, ajoute-t-il, «représente
notre façon de leur dire que nous sommes furieux,
et que nous ne leurs permettront pas de nous enlever ces
droits.»
Le retrait de la juridiction de la
Guilde au niveau du travail de la rédaction permettrait au quotidien d’avoir
recours à des pigistes de façon illimitée.
Selon Schliesmann, il s’agit là tout simplement
d’une autre forme d’externalisation.
La possibilité de nouvelles mises à pied à la
salle des nouvelles – il y en a eu deux l’an
dernier – a déclenché les membres de
la Guilde, un groupe normalement placide, a poursuivi Schliesmann. «Il
n’y a jamais eu de grève au Whig-Standard, mais
les membres sont prêts à entreprendre une telle
action en dernière extrémité»,
affirme le vice-président du local.
David Wilson, le représentant du personnel de TNG
Canada qui aide le local au cours des négociations,
affirme que les deux parties sont à «des milles
de distance». Les pourparlers sont sensés se
poursuivre du 22 au 24 mars, et l’externalisation des
emplois sera en tête de l’ordre du jour. Depuis
novembre, l’externalisation a entraîné la
disparition d’une demi-douzaine d’emplois de
la Guilde dans les services des annonces classées
et de la distribution aux clients.
Osprey, qui domine le marché des journaux des petites
villes en Ontario avec plus de 60 publications, dont 21 quotidiens
et des douzaines de journaux communautaires, a établi
l’an dernier des centres d’appels à Niagara
Falls et à Sarnia, les dotant d’employés
mal payés qui ne reçoivent aucun avantage.
L’entreprise a ensuite entrepris d’éliminer
des emplois en annonces classées et en distribution
qu’occupaient des membres de la Guilde, en dépit
de conventions collectives qui interdisent le recours à l’externalisation.
Une première ronde de mises à pied, l’automne
dernier, à Kingston et à St. Catharines, et
des avis de mises à pied imminentes à Sault
Ste. Marie, North Bay et Sudbury, ont poussé TNG Canada/CWA à déterminer
que jusqu’à 100 emplois pourraient disparaître
aux neuf quotidiens Osprey dotés de membres de la
Guilde dans les départements d’annonces classées
et de distribution.
La campagne Keep Our Newspapers Local,
lancée le
15 février par des activités de piquetage d’information
dans quatre villes et le retrait de la signature d’articles
et de photos à Kingston, a certainement retenu l’attention
du public. Les présidents des locaux du St.
Catharines Standard, Sault Star, North Bay Nugget et Sudbury
Star ont
fait savoir que des centaines de lecteurs, annonceurs et
employés ont signé des cartes exprimant leur
appui envers la campagne.
À Kingston, les chroniques, commentaires
et critiques sont tous publiés sans mention du nom
de leur auteur. Les photographies locales ne sont pas signées.
La protestation a forcé le quotidien à mettre
fin à une pratique unique parmi les quotidiens anglophones
au Canada: la publication d’éditoriaux
signés.
L’absence de mention de source des articles, chroniques
et photos, au Whig-Standard, est «vraiment remarquée»,
selon Schliesmann, et «les gens téléphonent
et écrivent au journal à ce sujet».
Le chroniqueur de spectacles Greg
Burliuk, un vétéran
de 32 ans et premier journaliste du Kingston
Whig-Standard à avoir
signé une carte syndicale, publie depuis 13 ans une
chronique de restauration très populaire. Selon Schliesmann,
les annonceurs sont spécialement frustrés par
l’absence de sa chronique dans le quotidien.
Les locaux de la Guilde, dont quatre
renouvelleront cette année leur convention collective, ne vont pas abandonner
leur lutte à l’égard d’Osprey,
qui jusqu’à présent n’a éliminé que
des emplois syndiqués dans se efforts en vue de réduire
ses coûts et d’augmenter ses profits.
L’entreprise étend également ses activités
d’externalisation aux salles de composition. Une seconde
ronde de mises à pied à St. Catharines, le
17 février, a éliminé 14 emplois, dont
10 au département de composition. Le travail de ces
membres de la Guilde a été transféré à l’atelier
non syndiqué du Welland Tribune.
Une audience d’arbitrage, au sujet des mises à pied
de St. Catharines, est prévue pour le 7 mars.
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