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Le 13 janvier 2006
La campagne est muette au sujet de l’avenir
de la SRC/CBC
La Guilde
canadienne des médias | Le
Local 30213 de TNG Canada
À dix jours des élections
fédérales, seuls les Partis conservateur et
vert mentionnent la SRC/CBC dans leur plate-forme, en dépit
du fait que l’avenir du diffuseur public sera en jeu
quand le CRTC examinera le renouvellement de sa licence à la
fin de cette année.
«Je reconnais que cette campagne électorale
est centrée sur quelques questions importantes. Mais
il est toutefois inquiétant que l’avenir de
la plus grande institution culturelle au Canada soit presque
passé sous silence. Rappelons que la réaction
envers le lock-out récent nous a prouvé que
la SRC/CBC joue un rôle important dans la vie des Canadiennes
et des Canadiens,» a expliqué Lise Lareau, présidente
nationale de la Guilde canadienne des médias.
«Nous voyons beaucoup d’appuis de la part des
candidats, partout au pays, mais les principaux partis semblent
vouloir éviter un débat public au sujet de
la SRC/CBC, même si le moment est venu de tenir un
tel débat. Il n’est pas juste que le CRTC, seul,
s’occupe de l’avenir d’un important service
public.»
Depuis plus d’une décennie, la SRC/CBC reçoit
un financement inadéquat de la part du gouvernement.
En 2004, il y avait 15 000 heures de moins de programmation
culturelle et d’informations à la radio et la
télé de la SRC/CBC qu’en 1989. Mais un
sondage commandé par la SRC/CBC en 2004 a indiqué que
80 pour cent des Canadiens aimeraient que «la CBC/SRC
renforce sa présence dans leur région.»
Il y a un an, la SRC/CBC a soumis
un plan à la ministre
du Patrimoine, Liza Frulla, au sujet de l’expansion
de sa programmation locale et régionale; le plan nécessiterait
une augmentation du financement annuel de la Société de
83 millions de dollars.
Le gouvernement a mis le plan de
côté en disant
qu’il donnerait l’ordre au CRTC de s’assurer
d’une programmation locale et régionale d’informations
et d’affaires publiques provenant «de sources
diverses.» Le gouvernement a déclaré que
tous les diffuseurs, y compris les stations privées
et communautaires, doivent veiller à ce que chaque
communauté reçoive une programmation locale
adéquate.
La Guilde canadienne des médias a demandé à tous
les candidats, partout au pays, s’ils appuient une
augmentation du financement parlementaire de la SRC/CBC
d’un cent par jour par Canadien, afin d’assurer
l’expansion de la programmation locale et régionale.
La Guilde a envoyé un questionnaire à tous
les candidats du Parti libéral, du Parti conservateur,
du NPD, du Bloc Québécois et du Parti vert.
Jusqu’à maintenant, nous avons reçu plus
de 80 réponses.
Vous trouverez ci-dessous une analyse
des antécédents,
des déclarations et des promesses des partis relativement à la
SRC/CBC.
Le Parti libéral
Après
avoir imposé des compressions budgétaires de
plus de 400 millions de dollars au milieu des années
90, le gouvernement libéral n’a consenti à aucune
augmentation du financement continu destiné à la
programmation, malgré des surplus budgétaires
fédéraux record. Depuis quatre ans, le gouvernement
a plutôt donné 60 millions de dollars de plus
année par année afin d’améliorer
la programmation, ce qui rend impossible toute planification à long
terme.
De plus, en dépit du fait que le comité parlementaire
du Patrimoine ait demandé la SRC/CBC de fournir un
plan relatif à l’augmentation de la programmation
locale et régionale, la ministre du Patrimoine Liza
Frulla n’a tenu aucun compte du plan soumis par la
Société à la fin de 2004.
La plate-forme du parti Libéral émise le 11
janvier ne mentionne pas la SRC/CBC. Les députés
libéraux qui ont répondu au questionnaire de
la Guilde font référence aux antécédents
de leur gouvernement, afin de faire preuve de leur appui
envers la SRC/CBC, mais ne s’engagent pas à agir
pour augmenter la programmation locale et régionale.
Le Parti conservateur
Le
Parti conservateur dit qu’il «garantira que la
CBC et Radio-Canada continuent de jouer un rôle vital
en tant que diffuseurs publics nationaux.» Cela ne
clarifie pas les paroles du leader Stephen Harper, au cours
de la campagne de 2004, au sujet de la commercialisation
des services de télé anglaise et de la deuxième
chaîne anglaise de radio.
Dans les derniers jours de l’ancien Parlement, la
porte-parole conservatrice en matière de patrimoine,
Bev Oda, a présenté une motion au comité du
Patrimoine demandant que le gouvernement entreprenne un examen
du mandat, du rôle et des services de la SRC/CBC.
La motion a été adoptée, mais la direction
d’un tel examen sous un gouvernement conservateur n’est
pas évidente. La politique du parti au sujet de la
SRC/CBC, selon son congrès de mars 2005, est la suivante: «Le
Parti conservateur centrera les services de la SRC/CBC sur
ses mandats de services de radiodiffusion publique.»
Le candidat conservateur vedette,
Peter Kent, a déclaré que
la télé de la CBC devrait être un «service
strictement national.» Dans une lettre publiée
dans le journal Globe and Mail en octobre 2005, le cadre
de CanWest Global a applaudit les efforts du président
de la SRC/CBC, Robert Rabinovitch, en ce qui a trait à la
réduction de la programmation locale et régionale;
M. Kent s’est aussi plaint du mandat du diffuseur public
relativement à la prestation de divers services de
télévision locale et régionale.
D’un autre côté, le député conservateur
Gary Schellenberger, qui était le vice-président
du comité du Patrimoine pendant la dernière
session parlementaire, a dit à la Guilde que le «caucus
conservateur du prochain Parlement luttera pour un financement
stable de la Société, et pour un vrai soutien
de la stratégie locale et régionale qui a souffert
sous le gouvernement actuel.»
Le NPD
La
plate-forme officielle du NPD, émise le 11 janvier,
ne mentionne pas la SRC/CBC.
Le parti a répondu aux groupes d’artistes en
disant qu’il s’engage envers «l’augmentation
et la stabilisation du financement de la SRC/CBC.» Vingt-neuf
candidats du NPD à l’étendue du pays
ont répondu au questionnaire de la Guilde en disant
qu’ils appuient une augmentation du financement de
la SRC/CBC afin de rehausser la programmation locale et régionale.
Le porte-parole du NPD en matière de patrimoine,
Charlie Angus, a soulevé la question du financement
de la SRC/CBC à plusieurs reprises pendant la dernière
session parlementaire.
Le Bloc Québécois
La
plate-forme officielle du Bloc ne mentionne pas la SRC/CBC.
Le Bloc a répondu au questionnaire de la Guilde en
disant qu’il est en faveur «d’un financement
stable de la Société Radio-Canada, suffisant
pour lui permettre de remplir adéquatement son mandat.»
Le parti souhaite que les services régionaux et locaux
soient accrus, et soutient que le CRTC devrait imposer cette
condition lors du renouvellement de la licence de la SRC/CBC.
Le Parti vert
La
plate-forme officielle du Parti vert indique que ses députés «collaboreront
pour offrir un financement de base stable à la SRC,
afin de fournir une programmation télévisuelle
et radiophonique de qualité dans les deux langues
officielles.»
Des douzaines de candidats du Parti vert, partout au pays,
ont répondu au questionnaire de la Guilde en se disant
en faveur d’une augmentation du financement de la SRC/CBC
afin de rehausser la programmation locale et régionale.
(Cet article a tout d'abord été publié sur
le site Web de la
Guilde canadienne des médias.)
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