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Le 23 dÉcembre 2005
Commentaire
2005: une année mémorable pour la GCM
La Guilde
canadienne des médias | Le
Local 30213 de TNG Canada
Par Lise Lareau
Présidente nationale
Pas facile de faire une rétrospective
de cette année. Il est rare qu’autant de défis
et de réalisations surviennent en une période
de 12 mois, au niveau de la Guilde ou de tout autre syndicat.
Pris dans leur ensemble, ils se résument ainsi: la
négociation de nouvelles conventions collectives (Reuters,
SRC/CBC); un réexamen des salaires et une prolongation
de convention collective à la PC/NTR, qui a rétabli
des augmentations salariales régulières; et
un réexamen lucratif des salaires à l’APTN.
Ajoutez à cela la création
et la certification de deux nouvelles sous-sections à SunTV
(autrefois Toronto 1) et à Alliance Atlantis Communications,
qui donnaient suite à l’arrivée de VisionTV
dans la famille de la GCM à la fin de l’an dernier.
Cela suffirait à faire le bonheur de la majorité des
locaux syndicaux. Mais à la GCM, tout cela s’est
produit avant, pendant et après l’événement
qui a projeté pendant deux mois notre syndicat à l’avant-scène
de la nation: le lock-out à la SRC/CBC.
En discutant de ce lock-out, cette
semaine, avec des journalistes qui préparent des articles de fin d’année,
j’ai été frappée par l’énormité de
la collision – une collision qui, comme dans presque
tous les cas, aurait facilement pu être évitée.
Songez-y: au milieu de l’année, la SRC/CBC souffrait.
Elle avait perdu la couverture des Jeux olympiques de 2010
et de 2012. Elle avait perdu le contrat de production de
Newsworld International, qui s’est estompé au
cours de l’été. Néanmoins, pour
une obscure raison, les dirigeants de la Société se
sont alors tournés contre leurs employés, et
ont décidé que le temps était venu d’exiger
d’énormes concessions de leur part. En appariant
créativité et renouveau à de nouveaux
employés non permanents, la SRC/CBC a antagonisé ses
propres travailleurs. Puis, elle a verrouillé ses
portes à 00h01 le 15 août. Bang.
Devant un pareil coup de force brutal, les membres de la
Guilde ont tout d’abord réagi avec stupeur
et incrédulité. Toutefois, il s’en
est rapidement dégagé quelque chose de positif:
un esprit collectif. Un geste en inspirant un autre, en
peu de temps les membres de la Guilde se sont retrouvés
partout: dans des autobus, en ligne, sur des balados, à la
porte des députés, et ce dans tous les coins
du pays. Le piquetage a revêtu un nouveau sens. Notre
message consistait à vouloir récupérer
la SRC/CBC telle qu’elle devrait être. Il portait
sur l’importance d’un emploi stable. Nous avons
pris la parole partout où nous pouvions constater
un intérêt envers la Société – depuis
de petites agglomérations éloignées
jusque dans la capitale du pays.
Les membres de la SRC/CBC ont reçu d’énormes
appuis de la part de leurs collègues des autres sous-sections
de la GCM, des Travailleurs en communications d’Amérique
et de plusieurs autres syndicats – grands et petits.
Nous avons réalisé la portée de notre
appartenance au monde du travail.
Tout cela a porté fruit. Nous avons obtenu l’appui
du public envers une SRC/CBC forte et le principe de l’emploi
sécuritaire. Les membres de la SRC/CBC ont maintenant
une convention collective unique qui remplace les trois d’autrefois
(une réalisation en soi) et, en général,
très peu de changements ont été apportés
au statu quo tandis que certaines améliorations ont été réalisées.
Mais tout cela aurait parfaitement été possible
sans avoir recours à un lock-out destructif.
Il est clair que nous sommes encore à tenter de nous
en remettre. Comme la plupart des expériences traumatisantes,
tout cela nous semble maintenant un rêve, et il sera
difficile de l’effacer complètement à cause
de la culture «d’absence de responsabilité» qui
prévaut au niveau de la direction de la Société.
Presque trois mois plus tard, personne n’a encore été tenu
responsable de cet affrontement inutile.
Il est cependant temps de nous en
remettre. Nous devons aider à définir une nouvelle culture de travail,
cette fois positive, à la SRC/CBC et dans les autres
milieux de travail.
Nous devons pleinement intégrer les nouvelles sous-sections
mises sur pied à la GCM, et veiller à ce que
nos nouveaux membres possèdent les outils nécessaires
pour travailler de façon coopérative avec leurs
employeurs en vue de réaliser leurs objectifs respectifs.
Nos dirigeants de la sous-section de la PC/NTR ont fait la
preuve qu’il est possible de parvenir à des
solutions, même lorsque l’employeur fait face à des
difficultés financières importantes, et de
négocier une entente qui profite à tout le
monde.
Nous devons continuer de lutter pour
des carrières
et des emplois permanents – à la SRC/CBC, à TVOntario
et partout au sein de notre industrie. Nous devons résister à l’augmentation
des charges de travail, à l’APTN comme ailleurs.
Nous devrons être présents pour défendre
les gens, lorsque de nouveaux problèmes surgiront.
Nous connaissons notre force, mais
nous devons nous en servir avec sagesse et de façon stratégique. Les relations
entre employés et employeurs n’ont pas à être
conflictuelles. Cependant, pour que cette approche réussisse,
il doit exister entre les deux parties une relation basée
sur le respect mutuel.
Parallèlement, nous devrons satisfaire à des
attentes plus élevées, envers la GCM, de
la part des membres qui s’attendent à ce que
leur syndicat se fasse l’écho de leurs préoccupations
au cours de son évolution, et de gens de l’extérieur
de la Guilde qui attendront de nous un retour de l’ascenseur
lorsque leur propre syndicat fera face à une crise.
(Cet article a tout d'abord été publié sur
le site Web de la
Guilde canadienne des médias.)
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