Photo: Arthur Lacroix
Arthur Lacroix, président de la SOEA, soutient que plusieurs de ses collègues chez Schneider Foods ont déjà quitté l’entreprise, ou cherchent activement d’autres emplois.

Le 25 Novembre 2005

La «victoire» de l’entreprise au niveau de la convention se transforme en échec: les collets blancs quittent pour travailler ailleurs

l’Association des employés de bureau de Schneider | Le Local 30009 de TNG Canada

Une campagne antisyndicale d’un an de style Wal-Mart, qui a mené à l’adoption d’une convention rétrograde pour les cols blancs de Schneider Foods, à Kitchener, s’avère en fait plutôt une défaite pour l’entreprise.

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Un piquetage d’information rallie les travailleurs de bureau contre leur employeur réticent


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Wal-Mart costs taxpayers, harms communities, family businesses


«Ils ont une entente, mais elle a entraîné énormément de frustration parmi les membres et les responsables syndicaux», a expliqué Arthur Lacroix, président de l’Association des employés de bureau de Schneider (SOEA).

Elle coûte également très cher à l’entreprise, car bon nombre d’employés qualifiés et expérimentés quittent en masse pour accepter des emplois ailleurs. M. Lacroix précise que son département, technologies de l’information, a déjà perdu sept de ses 22 employés, et que «la plupart de ceux qui restent se cherchent activement du travail ou comptent les semaines d’ici leur retraite.»

Le même mouvement d’exode se remarque dans d’autres départements que représente le syndicat, y compris l’administration, les finances, et au niveau des commis de bureau. Selon M. Lacroix, le nombre de membres de ce local de la Guilde a chuté de 170 à 135.

Seulement 40 pour cent des membres sont venus voter, plus tôt ce mois-ci, sur une offre finale légèrement modifiée et incomplète de l’entreprise. Malgré la suggestion du comité de négociation syndical de rejeter l’offre, elle a été adoptée de justesse par 32-30.

Environ la moitié de ceux qui ont voté en faveur «n’aimaient pas l’entente», affirme M. Lacroix, mais voulaient une convention pour avoir un accès garanti au processus de griefs, de façon à lutter contre les tentatives de la direction de transférer leurs emplois à l’extérieur de Kitchener. La convention précédente avait pris fin le 31 octobre 2004, et les deux parties étaient en position «ouverte» depuis le 7 mars, après l’échec de la conciliation. Sans convention, la compagnie était libre de retirer le processus de griefs établi par la convention précédente.

Au début des négociations, l’automne dernier, la sécurité d’emploi et les indemnités de départ se trouvaient en tête des préoccupations des membres de la Guilde. Après son acquisition par Maple Leaf Foods au début de 2004, Schneider a transféré ses employés des ventes et du marketing à Mississauga. Environ un tiers du personnel des TI a été déplacé, et les employés qui restent s’attendent à devoir déménager d’ici l’automne prochain.

Bien que la direction se soit dite disposée à offrir verbalement un ensemble d’indemnités de départ «améliorées», elle a refusé de l’intégrer au texte de la convention, afin que le syndicat ne puisse pas y avoir recours, dit M. Lacroix.

La convention de trois ans, qui prendra fin le 3 novembre 2007, renferme plusieurs désappointements. Le temps de vacances maximum diminue de sept à cinq semaines; les employés qui fournissent par téléavertisseur des appuis techniques et d’autres appuis après les heures normales de travail ne recevront plus de rémunération de temps supplémentaire; et le temps payé au président du local, une journée par semaine, pour s’occuper des affaires de la SOEA devra être défrayé les membres.

Un des rares éléments positifs, affirme M. Lacroix, est que tout employé de Maple Leaf éventuellement transféré à un poste de bureau chez Schneider à Kitchener deviendra automatiquement membre de la SOEA.

C’est un résultat décevant pour les membres du local qui avaient entrepris une campagne animée en vue d’inciter leur employeur à négocier une entente équitable. Le printemps dernier, les piquets d’information s’étaient mérité l’appui du public et avaient stimulé le moral des employés, mais le syndicat a été désappointé par l’incapacité de la Commission des relations de travail de l’Ontario d’amener les deux parties à une entente.

TNG Canada/CWA, qui a accusé l’entreprise de négocier de mauvaise foi, avait accepté de ne pas porter plainte si Schneider acceptait la médiation. Après l’échec de la médiation, la CRTO s’est déclarée peu disposée à entendre la plainte, a précisé M. Lacroix.

«Nous avons peut-être de bonnes lois du travail, mais à quoi servent-elles si elles ne sont pas appliquées?» se demande-t-il.

La plainte de TNG Canada dénonçait quatre principaux éléments problématiques: l’absence de données pour appuyer les négociations; le refus de négocier les salaires, pensions et bénéfices; de l’obstruction, notamment des rencontres individuelles avec les membres, en vue de briser la solidarité syndicale; et la violation d’un gel statutaire des régimes de prestations.

La semaine prochaine, des élections de l’exécutif du local auront lieux pour remplacer Marilyn Mackenzie, la vice-présidente, et Melody Plummer, la trésorière.