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Le 01 novembre 2005
Commentaire
Réflexions sur le témoignage de la direction
de la SRC/CBC au comité du Patrimoine
La Guilde
canadienne des médias | Le
Local 30213 de TNG Canada
Par Lise Lareau
Présidente nationale
Je n’oublierai jamais ce que j’ai
ressenti, assise dans la salle 269 de l’Édifice
Ouest à Ottawa, en écoutant une équipe
de hauts dirigeants s’efforcer de justifier lock-out.
Non seulement ont-ils induit le comité en erreur en
laissant croire qu’ils n’avaient pas d’autre
choix que de décréter un lock-out; mais encore
l’ont-il fait en nous regardant droit dans les yeux.
Leur attitude genre «nous avions raison, peu importe
ce que vous en pensez,» explique de façon très éloquente
les causes réelles du lock-out.
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Aujourd’hui, notre défi consiste à faire
progresser de nouveau la SRC/CBC. La Guilde a demandé de
comparaître devant le Comité du patrimoine,
afin de tirer les choses au clair et, ce qui est encore plus
important, de discuter de nos propositions en ce qui concerne
l’amélioration des relations entre la direction
et les employés. (Questionnés à plusieurs
reprises à ce sujet par les membres du comité,
les représentants de la direction n’ont pas
répondu.)
Depuis le retour au travail, les cadres de la SRC/CBC semblent
avoir adopté l’attitude que «le lock-out
est fini et nous devons continuer comme si rien ne s’était
passé.» Quelques-uns tentent de réécrire
l’histoire, en caractérisant le lock-out de «grève/lock-out.» D’autres
adoptent une attitude combative à l’égard
des représentants de la Guilde. Ce n’est PAS
la façon de rétablir de bonnes relations après
un conflit de travail.
Nous devons, ensemble, mettre au point un plan qui nous permettra
de travailler de nouveau en harmonie. Nous devons guérir
une relation qui, avant même le début du lock-out, était
boiteuse. Une culture d’obscurcissement, de rétention
des informations, de refus de traiter des conflits avant
que ceux-ci deviennent des litiges, de favoritisme, est une
culture qui favorise le maintien d’un milieu de travail
empoisonné. Il faut que ça change.
Comment y parvenir ? Il est évident que ce sera difficile,
voire impossible, tant que les cadres qui ont conçu
la stratégie du lock-out demeureront en place. Mais
une telle décision ne nous appartient pas. Une autre
possibilité serait que le Conseil d’administration
ordonne aux principaux intervenants d’entreprendre
un programme visant à améliorer leurs rapports.
Ce programme pourrait comprendre les étapes suivantes:
1. Une rencontre entre la haute direction et les représentants
syndicaux, en présence d’une tierce personne
et de peut-être plusieurs membres du Conseil, afin
d’étudier des façons de changer la culture.
2. Au terme de ces discussions, les parties signeraient un
document public exposant les étapes qu’elles
ont acceptées d’entreprendre.
3. Les deux parties divulgueraient combien il leur en coûte
de se combattre l’une et l’autre, et s’engageraient à réduire
ces coûts d’un certain pourcentage. Les deux
parties devraient faire preuve de franchise au niveau de
leurs dépenses. (Les coûts de la Guilde font
partie de son budget annuel, tandis que ceux de la Société ne
sont jamais divulgués.)
4. Les deux parties devraient s’entendre sur un échéancier
des progrès, qui serait rendu public.
Ce sont là des idées qui méritent réflexion.
Cependant, il est essentiel d’entamer une réflexion
de ce genre, parce que le témoignage de la direction
devant le Comité du patrimoine me fait croire que
la guerre contre les employés n’a pas pris fin
avec notre retour au travail. Elle est tout simplement entrée
dans une autre phase.
D’autres questions me préoccupent. J’ai été alarmée
du fait que la direction n’a pas encore discuté avec
le gouvernement de l’allocation parlementaire pour
la SRC/CBC. Même si Robert Rabinovitch et son équipe
savent parfaitement que la SRC/CBC est sous-financée,
ils ne semblent ne pas s’efforcer d’obtenir les
fonds additionnels qu’ils prétendent essentiels.
D’un même souffle, ils prétendent n’avoir
plus d’argent au terme du lock-out. Ce n’est
pas plausible. Nous savons qu’ils ont économisé environ
40 millions de dollars en salaires. Ils n’ont pas pu
dépenser tout cet argent en mesures de sécurité,
en primes pour les dirigeants (même si ces primes étaient
exagérées) et en campagnes de publicité pour
relancer la programmation. Nous espérons que le Parlement
passera au peigne fin les dépenses de la Société pendant
le lock-out. Une vérification comptable est probablement
la meilleure façon d’obtenir les vraies réponses à ces
questions.
Il reste à régler une question très
importante. Comment Rabinovitch peut-il justifier de nous
avoir mis à la rue «parce que nous pensions
que le syndicat allait déclencher une grève
en octobre, pendant la saison du hockey, ou peut-être
pendant une élection» ? La Société contrôlait
le choix du moment. C’est elle qui a mis fin aux pourparlers,
en mai dernier, afin de créer une échéance
au mois d’août.
Nous avons réagi en tenant un vote de grève
en juillet, qui avait une durée de 60 jours. Notre
mandat de grève aurait pris fin pendant la première
semaine de septembre, bien avant le mois d’octobre.
Cette chronologie est précisée dans le code
fédéral du travail. Et, de toute façon,
pourquoi n’a-t-on pas examiné la possibilité d’une
troisième option, soit de poursuivre les pourparlers
après la date limite du 15 août, pendent les
trois semaines précédant l’échéance
de notre mandat de grève? Cette éventualité aurait
exercé la pression nécessaire à la négociation
d’une entente. En négociant de façon
sérieuse, les deux camps auraient pu se rapprocher
d’une entente avant le début septembre, et ainsi éviter
un arrêt de travail.
Cependant, l’équipe de la haute direction nous
a traité d’une manière équitable
uniquement quand elle a été absolument forcée
de le faire, soit après un lock-out de sept semaines,
quand le ministre du Travail Joe Fontana a élevé la
voix et quand le début de «Hockey Night in Canada» approchait.
C’est ce genre de culture que nous devons absolument
changer, dans l’intérêt même de
la diffusion publique au Canada.
(Cet article a tout d'abord été publié sur
le site Web de la
Guilde canadienne des médias.)
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