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Le 12 AoÛt 2005
Imminence d’une grève ou d’un
lock-out
à la SRC/CBC
La Guilde ne cèdera pas à l’exigence
d’une main-d’œuvre temporaire
La Guilde
canadienne des médias | Le
Local 30213 de TNG Canada
La possibilité d’une grève
ou d’un lock-out, lundi prochain, a transformé les
négociations à la SRC/CBC en une dramatique émission
vérité, qui rivalise avec les meilleures productions
offertes par les réseaux de télévision
et de radio du diffuseur public.
On retrouve d’un côté la direction,
qui désire obtenir une main-d’œuvre contractuelle
et temporaire. De l’autre, la Guilde canadienne des
médias (GCM), déterminée à sauvegarder
la permanence des emplois, les carrières et les avantages
qui y sont associés, sans parler d’une main-d’œuvre
stable engagée envers les objectifs de la Société.
Lise Lareau, présidente de la GCM, qui représente
tous les employés de la SRC/CBC à l’extérieur
du Québec et de Moncton, explique que les deux parties
ont entrepris les négociations il y a 16 mois, en
vue de résoudre 70 questions majeures. Normalement,
il n’y en aurait que cinq ou six. «Nous luttons
au niveau de chacune d’entre elles», dit Mme
Lareau.
La SRC/CBC soutient que la société doit être
en mesure de convertir une grande partie de sa main-d’œuvre
en emplois temporaires, afin de disposer d’une plus
grande flexibilité dans un environnement très
concurrentiel. Mme Lareau rétorque pour sa part que «si
tout le monde devient transitoire, il n’y aura pas
d’engagement important envers la programmation.»
Jane Chalmers, vice-présidente de CBC Radio, a expliqué à un
intervieweur, sur les ondes de CBO Ottawa, qu’à cause
des coupures budgétaires, la Société dispose
de moins en moins d’argent, et «nous voulons
pouvoir en dépenser plus à certaines périodes
de l’année et moins en d’autres temps».
Mme Chalmers soutien que la SRC/CBC
désire «amener à bord
des gens aux idées nouvelles» et «utiliser
au maximum les ressources que nous possédons. Nous
avons besoin d’une plus grande flexibilité.»
La position de la Guilde est que
la convention collective actuelle donne à la SRC/CBC énormément
de flexibilité au niveau de la dotation. Selon Mme
Lareau, «Il semble que tout soit mis en œuvre
pour déstructurer la SRC/CBC.»
Mercredi dernier, la GCM a remarqué que le comité de
négociation de la SRC/CBC avait annoncé qu’il
refuserait désormais tout compromis. «La direction
refuse d’abandonner sa position, qui est de permettre à des
classifications entières d’employés d’être
embauchées en vertu de contrats à court terme.
Et elle refuse maintenant de négocier, à moins
que la GCM accepte cette position – ce qu’elle
a maintes fois déclaré qu’elle ne ferait
jamais. L’avenir de carrières, de régimes
de pension, d’avantages sociaux et de conditions de
travail décentes est en jeux, de même que l’indépendance
journalistique et créatrice.»
La GCM souligne qu’elle a soumis à la Société une
proposition détaillée (que l’on peut
consulter à http://www.cmg.ca/CBCnegsCMGEmploymentStatusproposal.pdf)
qui lui aurait permis d’accroître sensiblement
sa flexibilité.
La SRC/CBC soutien pour sa part que «ce
n’est pas suffisant. Elle exige une capitulation complète»,
dit la Guilde. Comme l’a affirmé le négociateur
en chef de la Société: «Nous ne reculerons
pas d’un seul pouce (…) Nous réalisons
jusqu’ou cela risque de nous mener, et nous sommes
prêts à faire face aux conséquences.»
La Guilde a déposé une plainte de négociation
de mauvaise foi auprès du Conseil canadien des relations
industrielles, basée sur le dépôt, par
la Société, d’un document de 200 pages à peine
quelques jours avant la date de l’échéance.
Ce document contient de nouvelles clauses et des propositions
révisées, remet en question des clauses déjà convenues
et ce, sans identifier ou expliquer aucun des changements.
Mme Lareau ajoute que la Guilde a
l’intention de demeurer à la
table de négociation, en vue de parvenir à une
entente juste.
Dans une lettre adressée jeudi dernier aux membres,
le président de la subdivision SRC/CBC, Arnold Amber,
qui est également membre du comité de négociation
et directeur de TNG Canada/CWA, a expliqué pourquoi
la GCM avait publié ce jour-là des annonces
publicitaires au sujet des négociations dans plusieurs
quotidiens partout au Canada.
«La SRC/CBC est une Société de la Couronne
qui dispose d’une relation spéciale avec les
Canadiennes et les Canadiens, et au niveau de notre identité nationale.
Elle est financée par les contribuables, grâce à des
crédits parlementaires. Dans des moments comme ceux-ci,
nous devons nous rappeler que nous sommes ici pour servir
le public.»
«C’est pourquoi le moment est venu, pour la
Guilde, d’expliquer sa position aux Canadiens de façon
dramatique, et de leur demander de communiquer avec leurs
députés pour appuyer notre position. À l’occasion
d’un gouvernement minoritaire, nous sommes d’avis
que les opinions de tous les députés peuvent
s’avérer déterminantes au niveau des
questions qui nous préoccupent.»
«De plus, étant donné que les pourparlers
devront bientôt prendre fin, il est important que vous
sachiez que dans l’éventualité d’une
grève ou d’un lock-out, nous aurons recours à toutes
les stratégies et tactiques possibles pour mener une
campagne à la fois robuste et créative. Ces
annonces ne sont que les premiers pas d’une série
de mesures que nous prévoyons entreprendre.»
Grâce à un vote de grève qui appuyait à 87
pour cent l’équipe de négociation, M.
Amber souligne que la Guilde dispose de ressources abondantes
pour lutter en faveur de ses droits et de la sécurité de
ses membres.
«Le financement destiné aux annonces dans les
journaux et à d’autres initiatives à venir
provient de notre syndicat parent, les Travailleurs en Communication
d’Amérique du Nord.» Le fonds de défense,
dont les actifs se montent à 11,5 millions de dollars
U.S., paye pour des choses comme les affiches, les quartiers
généraux de grève dans chaque emplacement,
etc. «Le Fonds de secours des membres fournira l’argent
nécessaire à chaque membre qui effectuera du
piquetage, si nous en arrivons là. Ce fonds contient
en ce moment plus de 315 millions de dollars U.S. prêts à débourser.
Pour nous résumer : ces fonds sont un peu comme
des polices d’assurance – la Guilde y contribue
chaque mois un montant approprié. Lorsque nous en
avons besoin, nous obtenons les fonds nécessaires
pour faire ce que nous avons à faire. Au besoin, des
fonds supplémentaires proviendront de The Newspaper
Guild (TNG) et de TNG Canada, deux autres niveaux dans notre
structure syndicale d’ensemble.»
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