Le 09 FÉVRIER 2005

Le ChronicleHerald désire abandonner son atelier de composition

Halifax Typographical Union | Le Local 30130 de TNG Canada

Le même jour où le Halifax Herald Ltd remportait le prix d’entreprise de l’année en Nouvelle Écosse, l’entreprise déposait un projet de convention collective qui mettrait fin à la sécurité d’emploi des employés de son atelier de composition, de même qu’à leur forfait de retraite anticipée et aux contributions de l’employeur au régime de pension négocié par la CWA/ITU.

Le 09 février 2005
De nouveaux représentants syndicaux se joignent à la lutte pour sauver l’atelier de composition


Le 11 janvier 2004
Le contrat au Herald améliore énormément les salaires et le régime de retraite


Maclean's
Canada's Top 100 Employers

Prises dans leur ensemble, ces dispositions signifieraient la fin de l’atelier de composition du Halifax ChronicleHerald, une entreprise familiale qui existe depuis 181 ans. Les 12 membres de l’unité de négociation, dont le contrat de 10 ans se terminait le 31 décembre 2004, sont furieux de l’offre patronale, et explorent en ce moment les options dont ils disposent.

«La compagnie a acheté la paix il y a 10 ans avec toutes ces choses, et maintenant ils veulent les reprendre en bloc», a commenté Darren Pittman, président du Halifax Typographical Union. «La seule chose qu’ils ne se proposent pas de faire est de venir dans nos foyers donner des coups de pied au chien.»

C’est un curieux comportement de la part d’une entreprise qui était fière de remporter le prix d’affaires de la province, et d’être classé par le magazine Maclean, en octobre dernier, un des 100 meilleurs employeurs au pays. Les entreprises qui se méritent une place dans cette liste annuelle sont évaluées dans huit domaines, y compris le milieu physique de travail, l’ambiance, ainsi que les avantages de santé, financiers et familiaux. La revue mentionne en outre comme «avantages importants» une journée de congé payé le jour de son anniversaire de naissance, et la possibilité de convertir en argent comptant ou en REER les journées de maladies non utilisées.

«La plupart des aspects positifs d’un emploi au Herald, qui ont contribué à lui assurer une place dans la liste de Maclean, sont des avantages et améliorations négociées par le syndicat au niveau des différentes conventions collectives», souligne Pittman. «Ces avantages ont éventuellement été étendus à tous les employés, y compris aux chefs de services.»

L’entreprise prétend que les développements technologiques ont entraîné un manque de travail pour l’atelier de composition. Le syndicat soutient pour sa part que ce travail a été confié à des graphistes du département non syndiqué de la publicité, et qu’il devrait retourner aux employés de l’atelier de composition qui ont effectué ce travail pendant des années.

Les gestionnaires prétendent également qu’ils ne sont pas forcés de respecter une clause de retraite anticipée qui «remplace tout contrat présent ou à venir», et que la garantie d’emploi s’applique à n’importe quel emploi et n’importe quel taux de rémunération, partout dans l’entreprise. En fait, les employés de l’atelier pourraient être permutés contre leur gré, et forcés d’accepter des diminutions de salaire pour les ramener au niveau du personnel non syndiqué.

Les compositeurs désirent la parité salariale avec les journalistes seniors, ce qui se traduirait par une augmentation de 18 pour cent sur trois ans. L’entreprise refuse d’accorder aux compositeurs une augmentation supérieure à la formule d’indexation au coût de la vie que contenait l’ancienne convention. Cette pseudo augmentation s’est traduite par un total de 14$ au cours des 10 dernières années.

L’entreprise désire également créer un «quart de nuit» dont le travail se terminerait à 20h00. Le travail du quart de jour se termine présentement à 18h00.

Le syndicat évaluera les options légales dont il dispose pour résoudre certaines de ces questions. Les négociations se poursuivent toutefois, et la prochaine ronde aura lieu les 8 et 9 mars prochains.