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Le 26 novembre 2004
La GRC révèle les documents
secrets utilisés pour autoriser le raid contre une
journaliste
L’action en justice en vue d’invalider
la perquisition bénéficie de nouvelles munitions
OTTAWA | TNG
Canada/CWA
Plus de 1000 documents secrets, utilisés
par la GRC pour autoriser des perquisitions au domicile
et au bureau de la journaliste Juliet O’Neill, du
Ottawa Citizen, ont été rendus public aujourd’hui
conformément à une ordonnance du tribunal.
Le 12 novembre, une décision de
la Cour supérieure de l’Ontario renversait une
interdiction de divulguer, émise en vertu de la Loi
sur la sécurité des renseignements, applicable
au mandat de perquisition. Madame le juge Lynn Ratushny avait
donné au gouvernement fédéral et à la
GRC 12 jours pour faire appel de sa décision, ce qui
n’a pas été fait.
Bien que lourdement censurés, les documents vont
néanmoins fournir aux avocats du journal de nouveaux éléments,
pour appuyer leur démarche judiciaire en vue d’invalider
les mandats de perquisition pour infraction aux libertés
constitutionnelles de la presse.
«L’interdiction de divulguer limitait les droits
des demandeurs garantis par la Charte, y compris les droits
fondamentaux de liberté d’expression et de liberté de
la presse», a noté Mme Ratushny dans sa décision
de 24 pages. «Elle limitait le droit d’accès
du public à notre système judiciaire. Elle
limitait ces droits fondamentaux de façon à la
fois non autorisée et injustifiable.»
Les perquisitions du 21 janvier ont été largement
condamnées comme des assauts envers la liberté de
la presse et la vie privée. TNG Canada/CWA et la Ottawa
Newspaper Guild avaient entre autre exprimé leur indignation
et exigé que le Premier ministre Paul Martin modifie
les lois contre le terrorisme, tout spécialement la
Loi sur la sécurité des renseignements.
La GRC tente d’identifier les personnes ayant fourni à Mme
O’Neill les renseignements dont elle s’est servir
pour rédiger un article au sujet de Maher Arar, le
Canadien déporté en Syrie en tant que terroriste
par les autorités américaines, où il
prétend avoir été torturé. Cette
déportation fait en ce moment l’objet d’une
enquête fédérale.
La SRC, le Toronto Star, le Globe
and Mail et la Société canadienne
des droits de l’homme se sont joints à la bataille
judiciaire de Mme O'Neill en vue de protéger ses sources.
L’Association canadienne des journalistes s’est
dite heureuse de la décision de la Cour supérieure. «Ce
jugement constitue une première étape en vue
de renforcer les droits de savoir du public», a déclaré le
président de l’ACJ, Paul Schneidereit. «La
décision du juge Ratushny reconnaît que les
journalistes constituent le conduit principal qui permet
aux citoyens d’être renseignés sur des
questions d’importance vitale pour une démocratie
fonctionnelle, et que toute contravention à la liberté des
médias transforme les journalistes en agents de l’état,
et nuit à leur capacité de servir le public.»
Selon un communiqué de presse, l’ACJ a consigné plusieurs
instances où des journalistes ont été légalement
menacés ou forcés de remettre des documents
et de révéler leurs sources. Les perquisitions
de la GRC, dans le cas O'Neill, sont représentatives
d’un patron d’ingérence policière
qui traite les journalistes comme des agents de l’état.
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