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Le 08 Novembre 2004

Une étude de la Guilde sur les droits de la personne en milieu de travail brosse un tableau alarmant

Le harcèlement est subtil, fréquent et systémique

La Guilde canadienne des médias | Le Local 30213 de TNG Canada

Photo: Barbara Saxberg
 Par BARBARA SAXBERG
 V.-P., Équité et droits de la personne

Une étude commanditée par la Guilde canadienne des médias trace un portrait troublant de violations des droits de la personne dans les différents milieux de travail.

Une équipe de chercheurs du Centre pour la recherche sur le travail et la société de l’université York (le CRTS) a effectué l’étude. La Guilde a demandé au CRTS d’examiner la nature et l’envergure des violations des droits de la personne. Le Centre s’est surtout penché sur les perceptions et les expériences des membres de la Guilde au sujet de la discrimination et du harcèlement au travail. Trois chercheurs (James Beaton, Andrea Noack et la professeure Norene Pupo) ont effectué l’étude.

Il serait faux d’en conclure que tous les milieux où les gens de la Guilde sont employés sont criblés de problèmes, mais l’étude démontre clairement que le harcèlement dans ces milieux de travail est subtile et systématique, et que les cas de discrimination sont fréquents.

Des chiffres et des problèmes importants:

Les répondants au questionnaire nous disent qu’il y a des incidences de discrimination et du harcèlement chez tous les employeurs où les employés sont représentés par la Guilde:

• 83 pour cent des répondants disent qu’ils ont observé ou vécu le harcèlement ou la discrimination au moins une fois dans la dernière année.

• 60 pour cent ont observé ou vécu un cas de discrimination au moins une fois dans la dernière année.

• Plus de 25 pour cent ont observé ou vécu un cas de discrimination plus d’une fois au cours des deux dernières années.

La discrimination basée sur l’âge – pour les employés les plus âgés comme pour les moins âgés – est la plus fréquente avec 37 pour cent des cas. La discrimination basée sur le sexe est au deuxième rang avec 30 pour cent, et la discrimination basée sur les activités syndicales représente 27 pour cent des cas. Il y a eu peu de cas de discrimination envers les autochtones ou basés sur les croyances religieuses.

Parmi les répondants, les groupes identifiés sous la loi fédérale sur l’équité en matière d’emploi (soit les minorités visibles, les autochtones, les handicapés et les femmes) reflètent leurs nombres dans la force ouvrière canadienne. Les membres de ces groupes se plaignent plus souvent de la discrimination – un fait qui reflète probablement l’expérience personnelle des gens dans ces groupes.

Les commentaires désobligeants représentent le type de harcèlement le plus courant; plus que la moitié des répondants ont rapporté des cas de ce genre. Il paraît également que des commentaires sexuels inappropriés arrivent fréquemment dans certains milieux de travail. Un certain nombre de répondants ont rapporté des commentaires ou des comportements personnels qu’ils qualifiaient de menaçants. Les résultats démontrent que le harcèlement dans les milieux de travail où se trouvent les membres de la Guilde est systématique mais subtile.

Il est impossible de connaître l’expérience ou l’attitude de ceux qui n’ont pas participé au sondage, ni de savoir si ces gens ont eux aussi vécu ou expérimenté le harcèlement ou la discrimination. Les chercheurs suggèrent toutefois qu’il est probable que les gens qui ont participé à cette étude sont plus préoccupés par les questions touchant le harcèlement et la discrimination que ceux qui n’ont pas participé.

D’autres points saillants:

• Une culture d’intimidation («bullying») existe ou est tolérée dans plusieurs salles des nouvelles;

• Plusieurs membres craignent des représailles s’ils se plaignent au sujet du harcèlement ou de la discrimination;

• Une mauvaise gestion de la part de la direction a créé une situation où des problèmes mineurs se sont escaladés pour créer un environnement de travail malsain;

• Les réductions d’effectif et la concurrence accrue entre les employés ont mené à plus de colère à l’envers des membres des groupes identifiés;

• Les membres des groupes identifiés ont moins de sécurité d’emploi;

• Les membres des groupes identifiés reçoivent rarement une formation adéquate au moment de l’embauche, ce qui les voue à l’échec;

• Les superviseurs semblent faire preuve de favoritisme envers certains employés pour les projets, les affectations ou des avancements;

• On attribue plusieurs des problèmes à un manque de responsabilité de la part des cadres.

Les répondants:

Le CRTS a envoyé le questionnaire à 5 756 personnes; 1 001 ont répondu. La plupart des répondants (88 pour cent) sont des employés de la Société Radio-Canada/CBC, mais il y a également eu une participation importante de la part des employés de la Presse Canadienne/NTR et toutes les sous-sections sont représentées. Le Centre a également effectué 43 entretiens téléphoniques afin de compléter leurs données.

En général, les femmes étaient plus jeunes que les hommes, et moins portées à déclarer leur statut de minorité visible, le cas échéant. Les employés plus jeunes ont moins tendance à déclarer une invalidité qu’un employé plus âgé. Environ sept pour cent des répondants ont déclaré leur orientation sexuelle comme non-hétérosexuelle, et environ le tiers disent qu’ils ont la charge régulière d’un enfant.

Près de 60 pour cent des répondants travaillent dans des postes relevant de la programmation, et environ le tiers occupent des postes techniques; 13 pour cent disent qu’ils occupent un poste clérical.

Les femmes, les employés plus jeunes, les autochtones ou membres d’une minorité visibles sont plus portés à déclarer leur statut d’employé temporaire ou à temps partiel; la majorité des répondants sont des employés permanents. Il est donc possible que les vrais chiffres sur le harcèlement et la discrimination sont encore plus élevés que l’étude n’en fasse état.

Les prochaines étapes:

L’étude fournit à la Guilde des données de référence sur ces questions, et constitue une source abondante d’informations qualitatives. Ces résultats seront étudiés en compagnie de spécialistes des droits de la personne et d’avocats-conseils.

Des préparatifs sont également en cours pour tenir une conférence sur les droits de la personne commanditée par la GCM. D’ici là, les données serviront à la mise au point de programmes d’éducation et de sensibilisation, et au cours des séances de négociations collectives. Armée des résultats de cette recherche, la Guilde va explorer des façons plus efficaces de faire échec à l’intimidation, au harcèlement et aux comportements discriminatoires en milieu de travail.

La Guilde canadienne des médias va continuer d’enquêter avec vigueur à la suite de toute plainte déposée par les membres. Elle poursuit en ce moment plusieurs griefs, basés sur la discrimination en fonction de l’âge et de la race, qui seront soumises à l’arbitrage.


Pour plus de renseignements communiquez avec Barbara Saxberg ou téléphonez-nous au 1-800-465-4149 ou au 416-591-5333.

(Cet article a tout d'abord été publié sur le site Web de la Guilde canadienne des médias.)

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