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Le 04 Novembre 2004
La Guilde proteste contre le contrat «abusif» de
CanWest avec ses pigistes
Des groupes de rédacteurs
dénoncent le conglomérat médiatique
qui «se sert de son prestige pour écraser les
faibles»
La
Guilde canadienne des médias | Le
Local 30213 de TNG Canada
La Guilde canadienne des médias
se joint à plusieurs groupes de rédacteurs
pour dénoncer un nouveau contrat qu’impose CanWest
Global Communications Corp. à ses rédacteurs
pigistes.
Le nouveau contrat force les pigistes à renoncer à leurs
droits d’auteur et à d’autres «droits
moraux», de façon à ce que CanWest puisse
réutiliser leurs écrits de quelque façon
que ce soit – dans ses journaux, sur ses sites Web
et au niveau de ses stations de télévision – a
déclaré Lise Lareau, présidente de la
Guilde canadienne des médias, qui représente
6000 employés des médias partout au Canada,
et possède une division de pigistes d’environ
600 membres.
La GCM est un local de TNG Canada,
qui représente
des centaines d’employés des quotidiens de CanWest à travers
le pays. Elle se joint à plusieurs groupes, dont la
Periodical Writers Association of Canada (PWAC), pour demander à CanWest
d’abandonner le contrat proposé.
«Au Canada, le niveau de concentration des médias
est tel qu’il ne reste plus que quelques propriétaires,
et celui-ci se sert de son prestige pour écraser les
faibles», a ajouté Mme Lareau. «Ce contrat
repousse les limites des lois sur les droits d’auteur,
du droit du travail et de la capacité des rédacteurs
de gagner leur vie.»
PWAC demande instamment à tous les rédacteurs
pigistes de refuser de signer le contrat. «La Loi sur
les droits d’auteur stipule clairement que nos écrits
nous appartiennent», explique la présidente
Liz Warwick. «Il n’est pas raisonnable de nous
demander de céder gratuitement le fruit de notre travail.»
Selon les clauses du nouveau contrat,
CanWest veut s’assurer
du droit «d’utiliser et d’exploiter en
exclusivité le contenu (les écrits), dans tout
média, existant ou à venir, et de quelque façon
que ce soit, partout dans l’univers et à perpétuité».
Le contrat stipule également que le pigiste doit
renoncer à tous ses «droits moraux» au
niveau du contenu, ce qui signifie que ses écrits
pourront être manipulés à volonté par
CanWest, sans l’autorisation de la personne dont le
nom apparaîtra en exergue. «C’est une approche
agressive et abusive envers les auteurs d’articles
publiés au Canada», ajoute Mme Lareau.
Comme les employés de certains quotidiens effectuent également
du travail à la pige, la Guilde est aussi préoccupée
par le fait que le contrat porte atteinte aux droits des
travailleurs. Le contrat spécifie en effet que les
pigistes signataires «ne sont sujets à aucun
syndicat et à aucune convention collective».
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