Le 16 septembre 2004

Les carrières et les postes permanents sur la corde raide

La Guilde canadienne des médias | Le Local 30213 de TNG Canada

La Société Radio-Canada a fait une simple proposition qui pourrait mener à la disparition du statut d'employé permanent.

L'employeur revendique le droit illimité d'embaucher à contrat tout nouvel employé dans les services des nouvelles, affaires publiques, TI et ventes/marketing télé.

Ces employés contractuels auraient bien moins de droits sous la convention collective. La Société pourrait les congédier sans justification; elle ne serait pas obligée d'afficher ces postes; il n'y aurait pas de semaine de travail définie, ni pause de repas; et les dispositions au sujet des congés hebdomadaires et les heures supplémentaires ne s'appliqueraient pas non plus.

L'employeur estime qu'il est possible que les compétences des employés actuels ne soient pas «portatives» d'un poste à un autre. Pour avoir de nouvelles idées, selon la Société, ça prend de nouvelles têtes. La Société prétend également que «Les jeunes ne veulent pas une job pour la vie, ni avantages sociaux, ni régime de retraite … tout cela rend la tâche d'attirer de nouveaux employés difficile.»

Autant de balivernes.

  • Imaginez une situation où une émission est annulée et tous les employés qui y travaillent sont mis à pied. Une nouvelle émission est crée et les nouveaux employés sont embauchés à contrat. Après un certain temps il n'y aurait plus d'employés permanents.

  • Imaginez une Société à deux vitesses, où les employés permanents travaillent côte à côte avec des employés contractuels qui touchent un salaire moins élevé et n'a ni avantages sociaux ni pension. Une telle situation met les employés en conflit, et affaiblit notre capacité d'appliquer les droits existants des membres.

  • Imaginez un milieu de travail où la seule façon d'avancer dans votre carrière est d'abandonner votre statut d'employé permanent, et où les employés temporaires n'ont jamais la possibilité de devenir permanents.

Les syndicats à la Société Radio-Canada se sont battus pour faire reconnaître le concept que lorsque le travail continue, les emplois doivent continuer aussi, et donc être permanent. Nous n'abandonnerons pas cette idée. Les nouvelles émissions ont réussi grâce à l'esprit créateur et à la polyvalence des employés actuels.

Après des semaines de placotage au sujet d'une négociation raisonnée caractérisée par le respect mutuel et la confiance, la Société semble miser maintenant sur la confrontation. Cette proposition démontre le mépris de la Société envers les mêmes employés qui ont fait preuve de tant d'engagement envers la SRC/CBC et la radiodiffusion publique; qui sont devenus plus polyvalents pour répondre aux changements dans l'industrie; qui ont vécu (ou survécu) à des réductions d'effectif sans fin et qui ont passé sept ans sans augmentation de salaire; et qui continuent de fournir plus avec moins.

L'équipe de négociation de la Guilde reconnaît la valeur et l'utilité de recourir à des employés temporaires ou contractuels ou à des pigistes dans des circonstances particulières, mais pas aux dépens des postes permanents. Nous sommes prêts à négocier une nouvelle convention collective basée sur les véritables besoins et intérêts de l'employeur. Nous sommes prêts à négocier une nouvelle convention collective qui assurera que tous nous membres puissent avoir une véritable carrière.

 

(Cet article a tout d'abord été publié sur le site Web de la Guilde canadienne des médias.)