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Le 22 juillet 2004
Le bâillonnement d’une station
de radio
de Québec crée un dangereux précédent
en
matière de censure,
soutient un groupe
de défense des droits de la presse
Selon le président de l’organisme Journalistes canadiens
pour la liberté d’expression (CJFE), le gardien des ondes
canadiennes «crée un dangereux précédent pouvant
mener à la censure d’autres diffuseurs» en refusant
de renouveler la licence d’une station de radio controversée
de la ville de Québec.
Arnold Amber, qui est également directeur de TNG Canada/CWA,
explique dans une lettre adressée à Charles Dalfen, président
du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications
canadiennes (CRTC) que CJFE «est d’avis que la marge de libre
expression vient d’être réduite par cette décision
du CRTC.»
Il prie instamment Dalfen de reconsidérer la décision,
et «d’avoir recours à toutes les options disponibles
avant de se résoudre à employer cette mesure extrême
de bâillonnement». CJFE demande également aux Canadiens
de faire parvenir des demandes d’appel au président du CRTC.
Le CRTC a décidé la semaine dernière que CHOI FM,
propriété de Genex Communications Inc., a de façon
répétée diffusé des commentaires insultants
et blessants qui contreviennent à la Loi sur la radiodiffusion.
Le Conseil a reçu depuis 1997 quelque 92 plaintes, dont plusieurs
portaient sur les commentaires insultants de «l’animateur
choc» de la station, Jean-François Fillion. Le CRTC a refusé de
renouveler la licence de la station, qui vient à échéance à la
fin d’août.
«Il est bien évident que le CRTC est extrêmement
préoccupé par la question des propos haineux», écrit
Amber. «CJFE est d’avis que les cas de propagande haineuse
devraient tomber sous la juridiction des nombreuses lois fédérales
existantes dans ce domaine… Le CRTC ne devrait pas s’instaurer
en arbitre des propos haineux.»
Amber souligne que «les Canadiens ont accès à une
gamme étendue de matériel de diffusion, et ceux qui ne
désirent pas écouter CHOI FM sont libres de ne pas syntoniser
cette station.»
Dans un communiqué de presse émis au sujet de sa décision,
le CRTC dit qu’il a «considéré que des propos
offensants exprimés par des animateurs sur les ondes de la station
ont risqué d’exposer à la haine ou au mépris
certains individus ou groupes d’individus pour des motifs fondés
sur la déficience mentale, la race, l’origine ethnique,
la religion, la couleur et le sexe. Le Conseil a constaté de plus
que des animateurs de la station ont fait preuve d’acharnement
indu dans leur utilisation des ondes publiques pour notamment insulter
et ridiculiser des gens».
«Biens que les ondes relèvent du domaine public et que
le CRTC soit chargé de surveiller les normes de conduite»,
poursuit Amber, «CJFE craint qu’en ayant eu recours à la
sanction la plus rigoureuse disponible, le CRTC a dépassé le
cadre de son mandat.»
Liza Frulla, nouveau ministre fédéral de Patrimoine canadien,
a déclaré mercredi dernier aux journalistes qu’une étude
des décisions récentes du CRTC constitue pour elle une
priorité. Elle dit solliciter en ce moment des avis juridiques
au sujet de la décision concernant CHOI. De son côté,
Genex Communications dit avoir l’intention de faire appel de la
décision en cour fédérale.
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