Le 22 juillet 2004

Le bâillonnement d’une station de radio
de Québec crée un dangereux précédent
en matière de censure, soutient un groupe
de défense des droits de la presse

Selon le président de l’organisme Journalistes canadiens pour la liberté d’expression (CJFE), le gardien des ondes canadiennes «crée un dangereux précédent pouvant mener à la censure d’autres diffuseurs» en refusant de renouveler la licence d’une station de radio controversée de la ville de Québec.

Site Web de Journalistes canadiens pour la liberté d’expression
Courriel: cjfe@cjfe.org

Site Web du CRTC
Courriel: info@crtc.gc.ca
Téléphone: (819) 997-0313
Sans frais d’appel: 1-877-249-CRTC
ATS: (819) 994-0423
Sans frais d’appel: 1-877-909-2782
Télécopieur: (819) 994-0218

Arnold Amber, qui est également directeur de TNG Canada/CWA, explique dans une lettre adressée à Charles Dalfen, président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) que CJFE «est d’avis que la marge de libre expression vient d’être réduite par cette décision du CRTC.»

Il prie instamment Dalfen de reconsidérer la décision, et «d’avoir recours à toutes les options disponibles avant de se résoudre à employer cette mesure extrême de bâillonnement». CJFE demande également aux Canadiens de faire parvenir des demandes d’appel au président du CRTC.

Le CRTC a décidé la semaine dernière que CHOI FM, propriété de Genex Communications Inc., a de façon répétée diffusé des commentaires insultants et blessants qui contreviennent à la Loi sur la radiodiffusion. Le Conseil a reçu depuis 1997 quelque 92 plaintes, dont plusieurs portaient sur les commentaires insultants de «l’animateur choc» de la station, Jean-François Fillion. Le CRTC a refusé de renouveler la licence de la station, qui vient à échéance à la fin d’août.

 «Il est bien évident que le CRTC est extrêmement préoccupé par la question des propos haineux», écrit Amber. «CJFE est d’avis que les cas de propagande haineuse devraient tomber sous la juridiction des nombreuses lois fédérales existantes dans ce domaine… Le CRTC ne devrait pas s’instaurer en arbitre des propos haineux.»

Amber souligne que «les Canadiens ont accès à une gamme étendue de matériel de diffusion, et ceux qui ne désirent pas écouter CHOI FM sont libres de ne pas syntoniser cette station.»

Dans un communiqué de presse émis au sujet de sa décision, le CRTC dit qu’il a «considéré que des propos offensants exprimés par des animateurs sur les ondes de la station ont risqué d’exposer à la haine ou au mépris certains individus ou groupes d’individus pour des motifs fondés sur la déficience mentale, la race, l’origine ethnique, la religion, la couleur et le sexe. Le Conseil a constaté de plus que des animateurs de la station ont fait preuve d’acharnement indu dans leur utilisation des ondes publiques pour notamment insulter et ridiculiser des gens».

«Biens que les ondes relèvent du domaine public et que le CRTC soit chargé de surveiller les normes de conduite», poursuit Amber, «CJFE craint qu’en ayant eu recours à la sanction la plus rigoureuse disponible, le CRTC a dépassé le cadre de son mandat.»

Liza Frulla, nouveau ministre fédéral de Patrimoine canadien, a déclaré mercredi dernier aux journalistes qu’une étude des décisions récentes du CRTC constitue pour elle une priorité. Elle dit solliciter en ce moment des avis juridiques au sujet de la décision concernant CHOI. De son côté, Genex Communications dit avoir l’intention de faire appel de la décision en cour fédérale.