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Le 11 Mars 2004
Les journalistes disent au Sénat que la qualité a baissé et
que le contrôle d’entreprise a augmenté dans les grandes
chaînes de journaux
Un sondage révèle que les employés veulent
une limite
à la concentration des médias et aux propriétaires étrangers
OTTAWA | TNG
Canada/CWA
Les sénateurs qui étudient la concentration
des médias au Canada ont eu, aujourd’hui, une
rare occasion de jeter un coup d’œil dans les
salles de nouvelles de la nation et d’entendre l’opinion
des journalistes qui travaillent pour cinq des empires de
presse.
TNG Canada/CWA a présenté au Comité des
transports et des communications les résultats d’un
sondage réalisé la semaine dernière.
Le sondage révèle que plus de 68 pour cent
des journalistes qui travaillent à certaines des plus
grandes entreprises médiatiques du Canada trouvent
que la qualité du journalisme, dans les journaux appartenant à ces
chaînes, s’est détériorée à la
suite de la concentration médiatique massive de ces
dernières années.
Près des deux tiers des éditorialistes interrogés
disent également que leur charge de travail et leur
niveau de stress ont augmenté, tandis que le moral
est au plus bas dans leur département.
Le sondage a été effectué auprès
de 14 journaux appartenant à CanWest Global, Irving,
Osprey, Sun Media et Transcontinental. Tous, à une
exception près, ont été vendus au moins
trois fois au cours des huit dernières années.
Le dernier changement de propriétaire a définitivement
entraîné une modification du contenu rédactionnel,
disent 79,8 pour cent des participants au sondage. Et dans
le sillon de ces modifications éditoriales, 71,3 pour
cent soutiennent que la qualité de leur journal a
diminué, tandis que seulement 6,9 disent qu’elle
a augmenté.
En analysant la qualité de leur journal depuis le
dernier changement de propriétaire, les journalisent
soutiennent qu’elle a diminué à cause
des facteurs suivants:
- 86,4 pour cent à cause d’un
manque de personnel;
- 74,4 pour cent à cause d’un
manque de temps et de ressources;
- 60 pour cent à cause de
la diminution du volume des nouvelles; et
- 57,6 pour cent à cause du contrôle de la
politique rédactionnelle depuis l’extérieur
de la ville.
Au sujet de la réduction de la diversité des
opinions publiées dans leur journal, à cause
de la concentration médiatique, 67,2 pour cent des
répondants ont déclaré qu’elle
est sérieuse ou très sérieuse.
Le sondage téléphonique, commandé par
TNG Canada/CWA, a été réalisé par
Viewpoints Research de Winnipeg entre les 2 et 4 mars. Les
enquêteurs ont interrogé 125 travailleurs de
l’information représentés par TNG Canada/CWA
choisis au hasard. Les résultats sont considérés
exacts à l’intérieur d ‘une marge
de 7,5 pour cent, 19 fois sur 20.
«Nous avons découvert que nos membres sont
heureux d’être journalistes et sont satisfaits
de leur emploi, mais qu’ils sont très inquiets
des façons dont la concentration des médias
a affecté le rendement éditorial de leur journal»,
a expliqué Arnold Amber, directeur de TNG Canada/CWA.
De plus, dit-il, «le sondage confirme de façon éclatante
que les évidences anecdotiques recueillies au fil
des ans par la Guilde, au sujet des effets négatifs
de ces prises de contrôles et de ces fusions, s’appliquent à toutes
les chaînes».
En réponse aux questions du sondage sur la nécessité de
limiter la concentration des médias au Canada, 77,6
soutiennent que oui, tandis que 17,6 pour cent soutiennent
que ce n’est pas nécessaire. Quant au meilleur
moyen de limiter la concentration, 27,8 pour cent répondent
d’interdire la propriété réciproque
des médias; 14,4 pour cent préconisent de limiter
le nombre de journaux dont une chaîne peut être
propriétaire; et 30,9 pour cent optent pour l’établissement
de garanties de contrôle rédactionnel local.
Les journalistes ne veulent pas que
les achats de médias
par des intérêts étrangers se poursuivent.
Une grande majorité — 64,9 pour cent — s’y
oppose ou s’y oppose fortement, tandis que seulement
18.6 pour cent appuient ou appuient fortement une augmentation
des achats de propriétaires étrangers.
Les répondants ont exprimé les opinions suivantes
sur ce qui se passerait si la concentration des médias
continuait d’augmenter au Canada:
- 89,6 pour cent croient que le
contrôle des nouvelles
et des décisions de programmations serait concentré au
niveau d’un trop petit nombre de responsables;
- 82,4 pour cent craignent que la situation provoque une
augmentation de la commercialisation des nouvelles et de
la programmation;
- 83,2 pour cent prédisent que les médias,
dans chaque communauté, offriraient moins de points
de vues différents;
- 86,4 pour cent soutiennent que
cela entraînerait
une perte de crédibilité au niveau du public;
et
- 82,4 pour cent croient que la
qualité de la couverture
des nouvelles diminuerait.
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