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Le 20 octobre 2003
Osprey met en péril 95 années de paix
avec les syndiqués d'un quotidien de Kingston
Kingston
Typographical Union | Le
Local 30204 de TNG Canada
Le nouveau grand patron d'un quotidien
ontarien vieux de 154 ans, qui connaît depuis
près d'un siècle la paix syndicale, semble
déterminé à forcer cette semaine ses
employés sur la ligne de piquetage.
Les négociations en vue de renouveler six conventions collectives
entre le vénérable Kingston Whig-Standard et la Kingston Typographical
Union ont atteint une impasse la semaine dernière.
Les parties seront légalement en position de grève et de lock-out à compter
de 00h01 jeudi.
Osprey Media Group, qui est également
propriétaire de l'hebdo Kingston
This Week et,
de ce fait, exerce un monopole à Kingston au niveau
des médias écrits, a dit depuis le tout début «qu'il
y aura des changements importants dans les nouvelles
conventions, et que si ces changements entraînent
une grève, tant pis», a déclaré David
Wilson, chef négociateur pour TNG Canada.
Les conventions collectives, qui s'appliquent à 130 travailleurs à plein
temps et à temps partiel de la salle des nouvelles, du bureau d'affaires,
de la salle du courrier et des ventes aux lecteurs, ont pris fin le 18
janvier. Au cours des négociations qui ont débuté peu après,
l'entreprise a déposé une série d'exigences de concessions
absolument incroyables.
«On n'a jamais rien vu de tel. Il y a avait plus de 100 demandes de
modifications des conventions. L'entreprise tente de réécrire
la presque totalité des contrats», dit Wilson. «Certaines
des concessions exigées sont ahurissantes».
«Ces exigences comprennent le recours à des employés non
syndiqués en cas d'urgence, l'abolition du droit des journalistes
de ne pas signer leurs articles, le retrait du droit à une paye de
vacance pour les employés à commission, et la réduction
de la rémunération de congé de maladie, des deux tiers du
salaire à rien du tout. Et la liste se poursuit.»
Debbie Newton, présidente du local, ajoute: «Cette ronde de négociation
me fait penser à un divorce vraiment difficile. Seuls les avocats
peuvent s'en réjouir.»
Le syndicat cherche à obtenir des augmentations salariales et de meilleurs
avantages pour ses membres, dont l'échelle salariale varie de d'une
convention à une autre, mais s'étend de 10$ l'heure pour les
employés à temps partiel, jusqu'à 800$ par semaine dans
la salle des nouvelles.
On s'attend à ce que les membres votent ce samedi 26 octobre sur l'offre
finale de l'entreprise, trois jours après l'échéance de
grève
et de lock-out.
«J'imagine qu'ils pourraient nous mettre en lock-out dès jeudi,
s'ils pensent que l'entente va être rejetée», dit Wilson. «La
balle est dans leur camp.»
Mais Osprey créé en juillet 2001 lorsque plusieurs journaux
du groupe Hollinger de Conrad Black ont été vendus à l'ancien
cadre supérieur Michael Sifton, en partenariat financier avec le Régime
de pension des enseignants de l'Ontario et la Banque de Nouvelle-Écosse a
prouvé depuis le début qu'il méprise ses employés syndiqués.
Son approche, en matière de relations de travail, a consisté à mettre
en lock-out ses employés du Sudbury Star en octobre 2002. Une semaine
plus tard, l'entreprise a précipité une grève à ses
journaux de Cobourg et Port Hope (Northumberland Publishers). Osprey a
introduit des briseurs de grève provenant de ses autres journaux afin
de continuer de publier et de jeter de l'huile sur le feu. Les deux cas
ont été résolus au bout de quatre mois.
En janvier, Osprey a encore augmenté sa position de plus important
propriétaire de petits quotidiens au Canada en achetant quatre quotidiens,
21 hebdomadaires et plusieurs autres petites publications de CanWest Global
Communications. Plusieurs de ces publications étaient autrefois la
propriété de Hollinger.
Maintenant, Osprey a orienté ses canons vers le Whig-Standard, un
des principaux journaux de son étable de 22 quotidiens ontariens.
(Les origines du journal, créé en 1924 par la fusion du British
Whig et du Kingston Standard, remontent à 1849. Il est demeuré propriété familiale
indépendante jusqu'à son achat par Southam Inc., qui est passé sous
le contrôle de Conrad Black au milieu des années 1990.)
Le syndicat, qui représente les travailleurs du journal depuis 1908,
a clairement laissé savoir qu'il n'acceptera pas de se soumettre au
nouveau joug de l'entreprise. Le 14 septembre, les membres ont voté à 95%
en faveur d'un mandat de grève.
«Nous espérions que ce mandat signalerait clairement à l'entreprise
qu'elle doit diminuer le nombre de ses exigences, et que nous n'accepterons
pas de concessions exorbitantes», explique Wilson.
Lorsque les deux parties ont repris les négociations, en présence
d'un conciliateur/médiateur nommé par la province, l'entreprise
avait à peine modifiée ses positions. Elle présentait encore
plus de 60 exigences, y compris toutes les questions cruciales.
La semaine dernière, au terme de trois jours de médiation, l'entreprise
avait légèrement assoupli ses offres, mais pas suffisamment pour
les rendre raisonnables, selon Wilson. |