Le 09 septembre 2003

Bataille décisive à Moncton

Un projet de convention collective transforme
des pacifistes en une «foule en colère»

Moncton Typographical Union | Le Local 30636 de TNG Canada


DEBORAH RICHMOND
Rédactrice en chef du site Web de TNG Canada

David Esposti crie dans son téléphone cellulaire. En fait, il HURLE. Et ce n'est pas seulement pour surmonter le bruit du resto, où il alterne une bouchée de son petit déjeuner avec l'expression de sa colère envers l'éditeur du Times & Transcript de Moncton, au Nouveau Brunswick.

Photo: David Esposti

«proposition malveillante, malveillante, MALVEILLANTE»

David Esposti
TNG Canada Eastern Staff Rep

Victor Mlodecki l'a fait sortir de ses gonds à propos du dépôt d'une «proposition malveillante, malveillante, MALVEILLANTE» qui détruirait pratiquement la convention collective existante du quotidien dont la famille Irving est propriétaire, par l'entremise de Brunswick News Inc.

Le représentant de l'est de TNG Canada dit que la ronde de négociation initiale – la seule – a eu lieu au milieu du mois d'août. La rencontre de trois heures s'est terminée lorsque l'équipe syndicale a suggéré à l'employeur de demander l'aide d'un conciliateur. Il semblait évident que les négociations ne pourraient pas progresser. (Au Nouveau-Brunswick, un vote de grève ne peut avoir lieu qu'après le dépôt d'un rapport négatif de la part d'un conciliateur.)

«M. Mlodecki a réussi à transformer un groupe de pacifistes en une foule en colère», a déclaré le négociateur chevronné.

Dix ans de pressions constantes et de compressions ont transformé le Local (salle des nouvelles, salle des impressions, salle du courrier, pré-presse) en une faible réplique de ce qu'il était auparavant. Le milieu de travail, syndiqué depuis le milieu des années 70, comptait presque 100 membres de la Guilde il y a dix ans. Aujourd'hui, il n'en reste que 33.

Mlodecki, qui est connu pour réduire les milieux de travail à leur plus simple expression, s'est fait les dents au sein de l'organisation des journaux Thomson, connue pour ses négociations difficiles. Lorsqu'il est entré au service de Brunswick News, il a tout d'abord testé ses capacités au Fredericton Daily Gleaner, et les a raffinées au Saint John Telegraph-Journal. Il tourne maintenant son attention vers Moncton.

«Partout où se trouve Victor, il survient des problèmes», dit Esposti.

L'éditeur a révélé son jeu en mettant à pied plusieurs pressiers, et en opérant à court de personnel pendant plus d'un an, dans l'attente de l'échéance de leur droit de rappel. Il avait alors le droit d'engager de nouveaux employés, mais il les nomma «manutentionnaires de papier», à 13$ l'heure – la moitié du salaire d'un pressier. Pour rendre sa tactique légitime, Mlodecki tente d'intégrer sa classification – manutentionnaire de papier – dans le nouveau contrat.

Évidemment, la Guilde a soumis un grief officiel.

En fait, la Guilde a soumis «une chiarée de griefs et de demandes d'arbitrage», que Mlodecki aimerait bien régler dans le cadre du processus de négociation collective, explique Esposti, dont l'expression fait bien sentir que ses chances sont faibles.

Cette tactique se répercute dans la salle des nouvelles, où l'employeur aimerait créer une classification appelée «assembleur de pages». Traduction: remplacez les réviseurs de texte (qui mettent également le journal en page) à la moitié de leur salaire. (Les journalistes et les pressiers, à 900$ par semaine, tendent à être au haut de l'échelle salariale.)

Et le taux horaire triple payé à ceux qui travaillent un jour férié? Les patrons veulent le réduire à 2,5 fois le tarif régulier.

Dans la proposition de l'employeur, toute augmentation salariale reste «à déterminer».

Mais si les gestionnaires refusent de confronter en ce moment les enjeux réels, ils vont devoir se pencher sur les détails.

«Mlodecki désire vraiment modifier les bénéfices au détriment des employés», affirme Esposti.

Il compte sur ses doigts les tentatives à cet effet:

  • Les droits de vacances: de plus longues années de service pour avoir droit à trois, quatre et cinq semaines de vacances; plus question de vacances de six semaines.

  • Santé et bien-être: Un tout nouveau plan d'avantages sociaux qui offrirait des niveaux or, argent et bronze. L'entreprise ne paierait que les primes du niveau bronze.

  • Le plan de pension: C'est en ce moment un régime négocié par le syndicat, auquel les employés contribuent selon leur quart de travail. L'entreprise voudrait créer un REER de groupe, auquel chaque employé devrait faire une contribution de quatre pour cent. L'employeur verserait l'équivalent des contributions de l'employé, à concurrence de quatre pour cent. («En d'autres mots», dit Esposti, «le travailleur a besoin d'une augmentation de quatre pour cent juste pour maintenir son pouvoir d'chat».)

Si qui que ce soit doute encore qu'il s'agit ici d'une tentative d'intimidation, ajoute Esposti, il suffit de constater que l'employeur a exigé que le perdant paye le coût total associé à l'arbitrage. En plus, évidemment, des autres demandes pour exclure encore plus la Guilde.